Cet été, le FARSe revient avec l’envie de nous faire « plonger dans nos villes imaginaires » grâce à une programmation pluri dimensionnelle, à portée de regard

Pour découvrir une ville aux multiples microcosmes à travers ses quartiers et ses squares des plus connus aux plus discrets, plusieurs façons existent. L’une d’elles et non des moindres, consiste à succomber au plaisir de vivre des émotions fortes et extraordinaires, que seuls les arts de la rue réunis lors d’un évènement comme le FARSe, peuvent nous faire expérimenter.

Né comme une évidence, le Festival des Arts de la Rue de Strasbourg ne cesse de vouloir nous immerger dans une dimension féerique qui lui est tant propre, depuis qu’il enchanta Strasbourg lors de sa toute première édition, par sa pluralité et l’originalité de ses programmes. 

Pour rappeler l’importance de ce rendez-vous annuel, nous sommes allés à la rencontre d’une artiste dont la sensibilité artistique et le respect de l’humain ont octroyé à la programmation de l’édition actuelle une nouvelle dimension : 
il s’agit de Lucile RIMBERT, directrice de la compagnie Lu² et directrice artistique de l’édition 2021 du FARSe.

Vous êtes directrice artistique de l’édition 2021 du FARSe. Est-ce votre première participation ? 

« C’est la deuxième édition pour moi en tant que directrice artistique du FARSe. J’avais réalisé la programmation pour l’édition de 2020 qui s’est tenue malgré le contexte particulier et ce, grâce à la volonté de la ville et de son service dédié, qui porte cet évènement depuis sa toute première édition. La thématique de l’année dernière était axée sur les héros ordinaires de la vie quotidienne. Celle-ci s’intitulait, « tous les héros ne portent pas de cape ». 
Cette expérience qui repousse les limites des quartiers et rapproche les habitants et les visiteurs autours des arts de la rue, m’a beaucoup apporté sur les plans, artistique et humain et m’a encouragée à participer à nouveau à l’organisation de l’édition 2021. 
 

A qui s’adresse cet évènement ? Quelle est la volonté première derrière cet engagement annuel ? 

Le FARSe est un évènement dédié à l’espace publique ! Le souhait des artistes à travers cet engagement, est d’intervenir de manière artistique dans la ville. A chacune des éditions précédentes ainsi que l’actuelle, on intervient dans cet espace propriété de tous, où on respecte la liberté de mouvement, la gratuité et le fait de pouvoir réinventer la scène. Chaque année, il y a des nouveaux lieux proposés aux habitants et mis en avant, afin que les personnes curieuses de voir à quoi ressemblent les arts de la rue, s’en saisissent pour redécouvrir leur propre ville. 

Ce qui est l’ADN du FARSe depuis sa création, c’est l’envie d’être « dans la ville » avec des propositions artistiques accessibles et diversifiées. On est un peu une sorte de mission de service publique ! Au sens propre comme au figuré, puisque c’est la ville de Strasbourg qui porte cet évènement annuel, donc on est dans le partage et la découverte de notre cadre de vie, dans la gratuité pour tous et sans limites. C’est en effet ce fil rouge, qui se transmet à travers les éditions. »

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Les représentations dans leur diversité semblent quand-même partager un ou plusieurs points communs. S’agit-il de thématiques préétablies ? 

« La diversité de notre programmation témoigne de celle portée par les arts de la rue eux-mêmes. Il ne s’agit pas d’une seule discipline mais de plusieurs car tout est entremêlé. On a dans cette édition, des voitures suspendues à une grue, du théâtre équestre, de la danse aérienne sur une façade verticale… c’est très diversifié esthétiquement. 

Néanmoins, nous sommes dans une démarche qui permet d’avoir un parti pris et de donner une « nuance ».  On souhaite donc chaque année, mettre en avant un thème qui se décline en plusieurs sous-thèmes. Cela nous permet d’avoir une sorte de fil rouge et d’articuler les propositions artistiques. Et cette année, il s’agit de « Plonger dans nos villes imaginaires ». 

Dans le cadre général de cette thématique, on a des propositions artistiques qui sont des portraits de villes, et qui sont soit hors format soit en fil rouge ; on a eu la traversée de BOIJEOT.RENAULD à travers toute la ville de Strasbourg, de la place KLEBER jusqu’au parc de la bergerie, en passant par plusieurs quartiers comme Poteries, Hautepierre et Cronenbourg. Là on est sur une proposition qui s’inscrit dans une démarche de découverte, d’altruisme et de partage.

Des oeuvres dans les rues de Strasbourg pour le festival FARSe
OPERATION DIVAN AMPLIFIEES - AGENCE NATIONALE DE PSYCHANALYSE URBAINE ET LE BIG - © Abdeslam MIRDASS

Nous avons aussi des propositions qui abordent « l’envie de cohabiter avec le vivant », par la mise en avant du rapport à la terre et aux animaux, mais aussi des liens sociaux et humains.

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Nous remarquons que la programmation intègre à plusieurs reprises des représentations axées sur la société, l’humain, est-ce une volonté de votre part ?  

Les artistes ont souvent souhaité mettre en avant la ville elle-même, avec ses habitants et ses histoires de vie, à travers par exemple « plusieurs villes en une », « parcours de villes, parcours de vies » dont les récits sur des traversées et des migrations interrogent et émeuvent.  

Je disais que le FARSe était dans la diversité technique et esthétique, mais c’est aussi dans la diversité des entrées thématiques qu’il s’inscrit. On peut aisément percevoir cette richesse en consultant le programme.

Spectacle de rue pour le festival FARSe à Strasbourg
J’ECRIS COMME ON SE VENGE – LES ARTS OSEURS - © alban Hefti
Spectacle de rue pour le festival FARSe à Strasbourg
© GALACTIC- QUALITE STREE CIE

On veut avant tout raconter Strasbourg et découvrir tous les visages qu’on pourrait lui donner, en partageant à travers la multitude de manifestations artistiques, l’envie de perturber nos perceptions sur les éléments de la ville, de décaler nos regards de l’architecture et des éléments.  C’est le cas avec le wagon « In fine » qui propose une représentation des olympiades verticales… Voyez par cet exemple, comment on peut, tout en faisant découvrir les hauteurs architecturales, perturber l’horizontale et le vertical avec une approche quasi burlesque, malicieuse et humoristique !

Spectacle de rue pour le festival FARSe à Strasbourg
COHABITER AVEC LE VIVANT - ONE SHOT CIE - © alban Hefti

Le FARSe compte la participation de 35 compagnies et il serait long de tout détailler à travers cet article. Mais je vous invite à jeter un coup d’œil au programme et à vous laisser tenter par une ballade culturelle et artistique, pour découvrir des quartiers nouveaux et plonger dans nos villes imaginaires mais dans les quatre coins, bien réels, de Strasbourg. » 

En quelques mots, l’aventure FARSe pour vous ? 

Une aventure enchanteresse qui va dans un sens enthousiasmant, tant voulu, dans le contexte actuel. Il nous faut continuer à faire partager ces moments qui cultivent souvenirs, émotions et sentiments nobles…, de manière généreuse auprès de tout un chacun. 

C’est une aventure d’équipe, portée par une volonté politique, un savoir-faire au sein de la ville et de son service « évènements ».  Cette volonté est dédiée à chacun et elle joue sur plusieurs éléments : une découverte de la ville, ses différentes cultures, son architecture, ses histoires… Souvent on en a envie mais faut-il encore en avoir l’occasion ! 
Justement, le FARSe donne cette occasion-là ! Aller voir un spectacle avec son voisin ou sa voisine, est assez précieux et ce sont ces bribes d’humanité qui renforcent nos liens sociaux. »

Le festival FARSe dans les rues de Strasbourg
OPERATION DIVAN AMPLIFIEES - AGENCE NATIONALE DE PSYCHANALYSE URBAINE ET LE BIG - © Abdeslam MIRDASS

 

Auteure : Hanane Geyer 

 

A propos de l'auteure

Rédactrice et réalisatrice multimédias, Hanane a travaillé au Pays basque français, en Italie et au Maroc, avant de s’installer en Alsace, captivée par la beauté et la richesse de notre région.
Avec un double cursus médiation linguistique interculturelle à Sciences Po. à Milan précédée par une prépa à l’ENSBA de Montpellier, elle maîtrise 5 langues à l’écrit comme à l’oral et pratique l’illustration digitale à main levée. Hanane intervient auprès des établissements scolaires du deuxième cycle, mettant en place des projets d’éducation à la déontologie des médias et à l’utilisation responsable des réseaux sociaux. 


Les précédentes éditions du festival FARSe