L’amour dans un lieu inattendu, l’effeuillage près de l’eau, la résilience en chambre et des animaux captés en leur nature : les sens s’éveillent au cœur de l’hiver strasbourgeois.
L’amour à l’église
Comme si les églises ne servaient que leurs fidèles ! Du tout : l’association Passions croisées, responsable de la gestion de l’église Saint-Guillaume, à la Krutenau, a à cœur d’ouvrir grand ses portes à tous. On y valse chaque lundi, comme on va se déhancher sur un dancefloor dans le cadre de la « Strasbourg mon amour » (organisée par l’Office du tourisme), samedi 7 février de 19 h à passé minuit. Musiques pour se défouler ou s’alanguir sur son partenaire, pour toutes générations.
On y chante, aussi. Quoi ? L’opéra Didon et Enée, de Purcell, qui sera joué en intégralité. L’orchestre baroque Les Ornements, en résidence permanente à l’église, accompagne deux solistes de l’Opéra national de Paris, dont la soprano Margarita Polonskaya.
A quoi s’associent le mieux l’amour et la musique ? Aux plaisirs gourmands, bien sûr, qui scanderont cet opéra. Que vous soyez du matin ou du soir, pas la peine de choisir : la formule de repas gastronomique sera déclinée en déjeuner et en dîner. Et ceux qui ne veulent goûter qu’à la musique le pourront lors d’une représentation de ce concert le 12 février.
On y voit des photos interdites, aussi. Donc d’autant plus émouvantes. Ces photos d’hommes amoureux de 1850 à 1950 témoignent d’amours alors coupables. Alors que tout simplement, « ils s’aiment » : tel est le titre de cette exposition. Trente tirages de différents formats s’égrènent dans la nef et la chapelle de l’église, à voir dès maintenant. Entrée libre.
A l’église Saint-Guillaume, 1 rue Munch, de maintenant au 14 février. Tarifs : de 20€ à 200€. Réservations sur passions-croisees.com.
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Exposition photos « Ils s’aiment » à l’église Saint-Guillaume © DR
L’intime dans la Chambre 129
Qui va là ? Une femme. Aline Chevalier, interprétée par la comédienne strasbourgeoise, chanteuse, musicienne et auteure, Marie Schoenbock. Du jour au lendemain, elle perd l’usage de ses jambes. Hospitalisée, elle devient spectatrice de sa propre enquête médicale. Mais que lui dit-il, ce corps qui développe d’étranges symptômes ? Ce corps qui a gardé la mémoire d’un traumatisme cadenassé au plus profond de la mémoire de la jeune femme ?
Quelles contorsions ? Celles de Marie Schoenbock, qui a vécu une expérience similaire. Elle s’est débattue avec les maux autant qu’avec les mots pour livrer ce texte libérateur. Cela donne le seul en scène « Chambre 129 », mis en scène par Céline Aboukir. Ici, la grâce se niche dans une chambre d’hôpital.
Quelles paroles ? Celles de grands voiles blancs suspendus sur scène. La comédienne s’y cache, s’y découvre, sa voix s’élève autant que ses souvenirs refluent. Écho à cette quête, la musique live de Philippe Rieger.
Au TAPS Laiterie, 10 rue du Hohwald, à Strasbourg. Mardi 3 février à 20h30, mercredi 4, jeudi 5 février et samedi 7 février à 19h et vendredi 6 février à 20h30.
Paillettes et plumes en pleine effervescence
Vous avez toujours voulu tout savoir sur les nippies, les drags et les dessous du corset ? Bienvenue au Strasbourg burlesque festival, de retour du 5 au 7 février au Point d'eau à Ostwald. Au programme de ces trois jours ? Rien d’autre que des effeuillages, comprenant du déshabillage lent, sexy et second degré. En trois soirées, une trentaine d’artistes remonteront le temps du burlesque, du classique au temps du jazz, au new burlesque - engagé, avec par exemple, une robe à seins -, en passant par le boylesque, le queerlesque, le dragking… Performance en exclusivité : celle d’un circassien faisant du burlesque dans une roue Cyr (un grand hoola hop).
Vous n’avez jamais osé essayer ? C’est le moment : des ateliers incroyablement variés sont proposés. Heels (talons) avec le drag king Calo, transitions enchaînées pour bad girl, corset (savoir le porter, le lacer et le sublimer), l’art du lancer d’éventail en plumes avec la spécialiste du genre, l’Australienne Miss Maple Rose. Et d’autres encore.
Vous connaissez déjà tout de la danse ? Pas si sûr. Ambrosia Stara propose de faire découvrir deux styles de danses scandaleuses qui ont fait sensation et titillé la censure au début du siècle dernier : le hoochie coochie et le bump & grind. Mais encore ? Zoom sur le bassin qui se déhanche dans des mouvements très suggestifs. Et avec ça, on améliore son anglais en découvrant les bumps, grinds, chest pops et shimmies...

Strasbourg Burlesque festival © Michael Klug
Strasbourg burlesque festival du 5 au 7 février au Point d'eau à Ostwald (17 Allée René Cassin). Réservation : www.strasbourgburlesquefestivalcom. Chaque soir, aftershow à l’hôtel Graffalgar (17 rue Déserte) à partir de 23h30 (gratuits).
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Les animaux en leur fière nature
Quelles couleurs ? Celles de la lenteur... L’exposition « Lumières sur le vivant » est une véritable invitation à ralentir, à s’imaginer aux côtés du photographe vosgien animalier Vincent Munier. Alors on est plongé soit dans la forêt vosgienne, soit dans les immensités immaculées du Grand Nord. Immaculées ? Pas vraiment. Ici, se devinent quelques stries blanches : les griffes de la patte d’un ours blanc en train de sortir du cadre.
Quels voyages ? Un voyage des sens, assurément. Les 81 photographies de Vincent Munier sont placées en regard d’œuvres des collections des Musées de la Ville de Strasbourg : peintures, gravures, dessins... La grâce de ces animaux nous parle par-delà les siècles. Comment ne pas succomber à la majesté du cerf élaphe, à l’amour douillet des ours blancs, et à la truffe du renardeau un peu givrée ?
Quelles nuances ? L’œil se perd dans d’infinis blancs laiteux de neiges et de pelages, dans les sarcophages de feuillages des forets vosgiennes, dans le bleu des cyanotypes artistiques. Qui de la nature ou des animaux séduit ? La symbiose des deux, à savourer lentement.
Au musée des Beaux-arts de Strasbourg (Palais Rohan) jusqu’au 27 avril. Ouvert tous les jours sauf mardi de 10 h à 18 h (sauf de 13 h à 14 h en semaine).

Les animaux photographiés par Vincent Munier © Vincent Munier
Lucie Michel
Rédactrice chez Batorama depuis 2020
A propos de l'auteur
J’aime Strasbourg pour ses restaurants de touristes, ses gargotes tibétaines et ses approximations de tartes flambées : un peu…
J’aime Strasbourg pour la diversité de ses musées: beaucoup.
J’aime Strasbourg pour le temps inscrit dans ses architectures: passionnément!
J’aime Strasbourg pour la vie spontanée et festive le long des quais aux beaux jours : à la folie!
J’aime Strasbourg pour sa confrontation piétons-cyclistes: pas du tout ! Préférons donc le bateau !