« Un cri. Un souffle. Une invitation à ne pas baisser les bras. » Avec pour point de départ l’ « indignation », les Bibliothèques Idéales 2025 reviennent du 19 septembre au 5 octobre plus engagées et curieuses que jamais. Du Parlement européen, à l’Église Saint-Guillaume, dans les médiathèques et librairies de Strasbourg, jusqu'aux bateaux-promenades Batorama : plus de 70 rencontres, lectures, ateliers, débats et spectacles, pour « célébrer la littérature dans ce qu’elle a de plus vivant, sa capacité à éveiller, à questionner, à résister ». Avec même une nouveauté, fruit d'un partenariat qui nous rend fiers : les Croisières Littéraires. Embarquez avec nous, on vous dit tout.
Présentes sur Strasbourg depuis près d'une quinzaine d'années, les Bibliothèques Idéales (BI) ont été imaginées comme « une passerelle entre les arts » nous explique leur directeur, François Wolfermann. Plus qu'un salon littéraire : un festival pluridisciplinaire, qui présente des créations originales, des rencontres inédites, et qui imagine ces plateaux pour « qu'il se passe quelque chose ».
Sur la table ? Les sujets qui agitent la société, les grands conflits. Et les conflits familiaux, aussi, avec l'intime, au cœur du récit. L'idée ? Proposer « un festival où l'on peut passer quelques heures » nous glisse François Wolfermann, et y naviguer entre de grandes conversations et des « rencontres plus légères ».
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Une édition autour de l’ « indignation »
Le fil rouge de cette édition, pour François Wolfermann ? « Cette capacité que l'on doit garder d'indignation, et de colère saine. Pas de rancœur, pas de guerre ». L'idée aussi, qu'il ne faut « pas s'habituer, [et] ne pas tout prendre pour acquis. »
Comme on le lit en édito, il s'agit d' « honorer les voix qui se lèvent, les récits qui dérangent, les mots qui transforment. C’est faire entendre celles et ceux qui, par l’écriture, la scène ou la parole, bousculent les évidences et redonnent sens au monde ».
Profitant de la réédition de l'ouvrage Indignez-vous ! de Stéphane Hessel (aux éditions Rue de l’échiquier), la programmation inclura par ailleurs une lecture d'extraits du livre par Stanislas Nordey, des focus sur les femmes syriennes, ainsi que plusieurs rencontres. Notamment une entre deux journalistes et figures d'une jeunesse qui s'engage, face à la montée de l'extrême droite : Salomé Saqué (qui en préface la réédition) et Victoire Tuaillon.
Plusieurs ponts faits, également, avec le drame qui se joue à Gaza. On pense au temps de rencontre avec Elias Sanbar – ancien ambassadeur de la Palestine à l'Unesco – : « que peut la poésie en ces temps de barbarie ?, avec un concert hommage à Mahmoud Darwich, poète palestinien. Ou le « Grand entretien » avec Delphine Horvilleur, autrice et rabbine qui y évoquera sa « bibliothèque idéale » composée d'auteurs palestiniens.
Sans compter, nous détaille François Wolfermann, les rendez-vous autour des « réminiscences du système nazi » dans nos sociétés, comme avec Johann Chapoutot (Libres d’obéir, chez Casterman), spécialiste mondial du nazisme et Daniel Schneidermann, journaliste critique des médias. Ou la venue de Tal Bruttman (historien spécialiste de la Shoah, auteur d'Un album d'Auschwitz. Comment les nazis ont photographié leurs crimes, éd. du Seuil) et de Philippe Broussard. Le second ayant, lui, écrit une série sous forme d'enquête pour Le Monde autour des 377 photos retrouvées sur un Paris occupé par les Nazis et faites clandestinement par un anonyme . Comme avec la littérature, il s'agira avec eux de « chercher des clefs pour essayer de comprendre ce qu'il nous arrive » – ici, avec la photo – nous confie François Wolfermann.
Parmi les symboles forts de cette édition : l'invitation, aussi, au Parlement européen de chefs de tribus, dans le cadre du Forum des Peuples Racines. Une rencontre interculturelle avec des représentants des peuples Maya, Betsimisaraka, Kariri-Xocó, Pénan et Amazigh, tous « un[is] par la joie, la paix, la solidarité et la préservation des savoirs ancestraux pour un avenir durable ».

Lectures musicales, récitals, concerts : la littérature se vit aussi en musique © Alban Hefti
Des temps d' « Admiration »
Autre point d'accroche de ces Bibliothèques Idéales ? L' « Admiration », avec plusieurs rendez-vous musicaux. Comme celui autour de Johnny Hallyday : « vivre pour le meilleur », un spectacle musical porté par Yarol Poupaud et Jean Fauque, pour un hommage inédit des BI au rock n’roll. Avec cette « idole des jeunes » pour qui les plus célèbres parolier(e)s ont écrit (de Jean-Jacques Goldman, Michel Berger, à Zazie, Pascal Obispo, Charles Aznavour, et tant d'autres).
Mais encore celle pour Nina Simone – « l’écorchée vive » – pour laquelle les BI consacreront un concert de jazz en compagnie de Grégory Ott et Sélia Setodzo. Ou celui avec l'autrice-compositrice-interprète et romancière Clara Ysé qui proposera une lecture musicale de son premier ouvrage de poésie Vivante (Seghers). Ou plus original encore : la soirée de clôture « Cabaret & drag » ... Quand le show devient politique.
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Croisières littéraires : nouveauté 2025
Parmi les nouveautés de cette année : les Croisières Littéraires, fruits du partenariat entre les Bibliothèques Idéales et Batorama. Une envie de lever l'encre, s'évader du confinement de la salle, et d'offrir une expérience privilégiée au public.
Les samedi 27 et dimanche 28 septembre, les équipes de Batorama sont ainsi fières d'annoncer deux rendez-vous en toute intimité... Des balades au fil de l'eau et dans Strasbourg, dans un format d'1h30, avec un temps de rencontre exclusif suivi de dédicaces, et relevés d' « un verre de l'amitié ».
Le premier croisière littéraire sera consacré à Douglas Kennedy le samedi 27 septembre.
Né à Manhattan en 1955, Douglas Kennedy est l'un des auteurs américains les plus appréciés en France. Depuis plus de trente ans, il explore dans ses romans les choix, les hasards et les événements qui bouleversent une existence.
Mêlant suspense psychologique et observation sociale, ses récits interrogent des thèmes universels tels que le poids des choix, les secondes chances, les secrets, les renoncements et cette part d’imprévu qui bouleverse une existence. Avec un regard à la fois lucide et profondément humain, il nous rappelle que rien n'est jamais écrit d'avance.
Lire Douglas Kennedy, c’est accepter que rien n’est jamais écrit d’avance.
La seconde Croisière Littéraire se tiendra le dimanche 4 octobre. L'occasion de découvrir Olivier Guez et Esther Teillard. Et si la littérature prenait le large ?
Écrivain, journaliste et essayiste, Olivier Guez est notamment connu pour son regard aiguisé sur les évolutions de nos sociétés. Avec Éros, il s'intéresse à l'histoire du désir, à ses représentations et à la place qu'il occupe dans notre imaginaire collectif. Son travail mêle réflexion, érudition et sens du récit.
Romancière et journaliste, Esther Teillard explore les relations humaines à travers une écriture libre et contemporaine. Dans Fuck Circus, elle aborde avec humour et lucidité les défis de la vie amoureuse moderne, les injonctions du couple et la quête de liberté individuelle.
À l'occasion d'une croisière exceptionnelle de 1 h 15 embarquez pour une rencontre littéraire autour des grandes questions qui traversent nos vies : le désir, l'amour, la liberté et les métamorphoses du couple.
Au fil de l'eau, Strasbourg se dévoilera sous un nouveau jour, une traversée où le paysage devient le miroir des passions humaines.

Ne manquez pas ces deux rendez-vous aussi précieux que curieux. Départs prévus le 27 septembre et le 4 octobre, à l’embarcadère Cathédrale.
Infos et réservations :
Départ : Embarcadère Cathédrale
Tarif unique : 20 euros (verre de l'amitié compris)
Le dimanche 27 septembre à 11h avec Douglas Kennedy - Infos
Billetterie
Le dimanche 4 octobre à 11h avec Olivier Guez et Esther Teillard - Infos
Billetterie
Rédactrice : Fanny Soriano
Enfant, elle s'est rêvée pirate, et adulte : capitaine de voilier. Une destinée tombée à l'eau, avec pour seule bouée : les mots. Mais de Strasbourg qui l'a vue naître, Fanny Soriano en connaît tous les canaux. Qu'ils soient longés au fil de l'eau, à vélo ; maladroitement sur un canoë ; ou un court instant à la barre d'un bateau-croisière. Même sans permis bateau ni aucune mer, elle aime à penser que l'évasion du grand large s'ouvre sur l'Ill, à celui ou celle qui en oublierait l'horizon de la ville.