Bi-Bop : le premier téléphone portable français grand public a été lancé à Strasbourg

Il y a 50 ans, en 1973, le tout premier coup de fil émis par un téléphone portable était passé aux Etats-Unis, par un employé de Motorola. C’était les prémices de la téléphonie mobile dans le monde. En France, ce n’est que 18 ans plus tard, à Strasbourg, qu’était lancé le Bi-Bop, l’ancêtre du téléphone portable que nous connaissons aujourd’hui.

Bibop
© Jean Philippe Ksiazek

Petit focus sur le Bi-Bop, cette innovation peu connue qui a ouvert la voie aux smart-phones, l’objet le plus présent dans notre quotidien.

Le 3 avril 1973, Martin Cooper, un ingénieur de la marque Motorola, testait le premier téléphone mobile en plein cœur de New York. Ce jour-là, il réussissait à communiquer sans fil au centre de recherche de la compagnie Bell dans le New Jersey.

En France, c’est en octobre 1991, deux mois avant la fin de la guerre froide, que le petit frère du téléphone portable était lancé, et il l’a été dans notre bonne vieille capitale alsacienne.

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Strasbourg, une ville à l’avant-garde dans le domaine des télécoms ?

À Strasbourg, en cette fin d’année 1991, les habitants découvrent un drôle de téléphone noir en plastique au design basic : le Bi-Bop.

Apparu pour la première fois au cœur de la capitale alsacienne, il est en réalité en phase de test, et exploite un système très simple de téléphonie sans fil, le même que sur les téléphones fixes que nous avons tous eu chez nous un jour.

Pour communiquer « en toute liberté », il fallait être à proximité de bornes pu-bliques installées dans la rue (proche de la gare, de la marie ou sur la grande île) dans lesquelles il fallait se déclarer comme utilisateur au préalable, mais ce n’est pas tout.

Une fois inscrit, et à proximité des bornes, vous pouviez passer vos appels, mais il fallait être détenteur de l’option Bi-Bop Réponse pour en recevoir. Pratique…

En tout, 2 000 personnes testent pour la première fois ce système dans la capitale alsacienne, et après un an d’utilisation, 75 % d’entre eux sont satisfaits. Alors, France Télécom décide évidemment de lancer son offre.

Les tarifs ? 1890 francs pour l’appareil, 23 centimes par minute et 54,50 francs mensuels pour l’abonnement. Même si la conversion en euros n’est pas claire tout de suite dans nos esprits. A l’époque, c'est beaucoup d’argent, vous vous en doutez (près de 400 euros juste pour le téléphone, inflation comprise).

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En tout, France Télécom avait pour but d’écouler 500 000 abonnements avant la fin de l’année 1995, un vrai pari qui a vite été revu à la baisse. En effet, en même temps, la technologie mobile GSM (par Itinéris), sans bornes, se développait à une vitesse fulgurante. 

Lors de la fermeture du réseau en 1997, le Bi-Bop comptait encore 46 000 abonnés, des utilisateurs qui se sont tout de suite mis à utiliser la technologie GSM bien plus pratique.

Même si les téléphones d’Itinéris coûtaient en moyenne 3 fois plus cher aux utilisateurs que le Bi-Bop, la possibilité de téléphoner vraiment partout, a vite fait oublier le petit téléphone à clapet noir lancé dans notre bonne vieille capitale. 

Auteur : Bastien Pietronave